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Le Deuil

Le Deuil

~ Qu’est ce que le deuil ? ~

Le deuil, à la suite de la mort d’une personne aimée ou d’une séparation, est une des plus grandes épreuves de la vie qui, un jour ou l’autre atteint chacun de nous. La mort restera toujours au cœur du deuil en raison de son universalité, de son implacabilité, de sa radicalité et de son irréversibilité. Elle constitue la perte et la limite par excellence et la mort de la personne aimée nous préfigure la nôtre. Le deuil est l’ensemble des réactions physiques, psychologiques, affectives et comportementales à la perte d’une personne aimée, mais aussi d’un animal, d’un objet ou d’une valeur auxquels on est fortement attaché.



~ Définition du mot deuil ~

Le mot deuil est un vieux mot français qui signifie « douleur ». Faire son deuil veut donc dire littéralement : « Passer à travers sa douleur ».



~ Définition du mot deuil ~

Cette expression a été créée par Sigmund Freud dans l’article Deuil et mélancolie en 1915. Il s’agit du processus intrapsychique qui est consécutif à la perte d’un objet d’attachement, d’un être cher, de l’intégrer et d’accepter la mort et la vie sans la personne perdue. Toute perte peut nécessiter un travail de deuil.



~ Phases du deuil ~

Selon la psychiatre américaine Elisabeth Kübler Ross, il existe cinq phases dans le processus du deuil et pas toujours dans l’ordre cité mais il y a obligatoirement ces cinq phases sans limite de temps:

1) Le choc :

La phase du choc se caractérise par une sorte de paralysie de l’émotivité et des facultés de perception. Les résistances pourront être plus grandes si la personne n’a pas pu voir la personne décédée, lui parler, la toucher. Le deuil peut ne pas démarrer si une personne ne s’est pas trouvée en présence du corps du défunt.

2) Le déni :

L’évènement de la perte est nié, la personne essaie de l’oublier ou de ne pas y penser. L’expression émotive de la personne peut être également bloquée, soit par le manque d’outils pour exprimer ses émotions, soit par peur d’en être submergé. Le déni peut prendre plusieurs autres formes : suractivité, substitution d’une autre personne à celle décédée, recherche d’un coupable, idéalisation de l’être perdu, utilisation de drogues, troubles psychosomatiques etc…

3) L’expression des émotions et des sentiments :

A la suite du décès, tout un ensemble d’émotions peuvent émerger ; un sentiment d’anxiété, d’impuissance, de tristesse, de colère, de culpabilité, un sentiment de libération etc .il est important de ne pas éviter le sentiment de tristesse. Il faut absolument laisser la personne parler de sa peine, lui permettre de vivre son chagrin et de pleurer. Cette tristesse peut s’accompagner souvent d’états dépressifs, fatigue chronique, manque de concentration, auto-accusation, insomnie etc...

4) L’accomplissement des tâches subséquentes au deuil :

Une fois le travail émotionnel effectué, il faut aussi accomplir les tâches conséquentes à la perte ; compléter les dialogues non terminés par des lettres (écrire au défunt, pour dire nos émotions sans les envoyer bien entendu), ranger les photos dans des albums, se défaire des objets du disparu (sans obligatoirement tout jeter), accomplir les promesses faites au défunt (rite funéraire et autres)

5) La découverte d’un sens à la perte :

Cela va être le moment ou la personne va devoir chercher qu’est-ce qu’elle a appris sur elle-même et sur les autres, quelles nouvelles ressources cette situation de perte a suscitées en elle, quelle nouvelle étape de maturité ou d’évolution spirituelle elle a franchi etc. c’est le moment de convertir cette nouvelle épreuve de l’existence en un véritable sens.



~ Les couleurs de la mort ~

Deux images de reines blanches : Marie-Antoinette, veuve de Louis XVI montant à l'échafaud, et Fabiola, reine des Belges à l'enterrement de son époux le roi Baudoin. Le blanc est le privilège des reines ; le violet ou le pourpre celui des rois de France. Louis XI, que l'on représente toujours vêtu de noir, portait le deuil de son père Charles VII avec des vêtements écarlates.

Chez toutes les nations qui ont laissé des souvenirs historiques, on retrouve cette idée de traduire les sentiments qu'inspirent la perte de ses proches par des signes visibles aux yeux de tous, de distinguer l'état de deuil de l'état ordinaire. Les Égyptiens se coupaient les sourcils lors de la mort d'un ancêtre, les Grecs suivaient le cercueil, la tête rasée, vêtus de noir, mais s'habillaient de blanc les neuvièmes et trentièmes jours après le décès. Chez les Romains, les femmes étaient astreintes au vêtement noir et les mères, lors de la mort d'un de leurs enfants, au bleu azur.

Dans l'Occident chrétien, après un Moyen-Age où l'on sortait ses plus beaux atours, rouge, vert, bleu, pour honorer le mort, le noir, venu d'Italie et d'Espagne fait son apparition au début du XVIème siècle. On codifie alors le deuil : tout son cérémonial est décrit, sous Louis XV, dans l'ordre chronologique des deuils de la cour : "Les antichambres doivent être tendues de noir ; la chambre à coucher et le cabinet de gris, pendant un an ; les glaces cachées pendant six mois. Les veuves ne peuvent paraître à la cour qu'au bout des six premiers mois.... ".

Au début du XXème siècle existaient encore dans Paris des magasins spécialisés dans la vente des étoffes de deuil. Ils distribuaient à leur clientèle de petits livrets reprenant toutes les indications nécessaires sur la manière de porter le deuil : "Deuil de veuve. Un an et six semaines. Les quatre premiers mois et demi, grand deuil : robe de laine en cachemire, drap d'Alep, chapeau de crêpe sans ornement. Les six mois suivants, robe de satin de laine, velours d'Afrique, châle uni. Les trois derniers mois, en demi-deuil avec châle de soie gris noir et chapeau orné de gris." On a peine à réaliser le poids des deuils répétés sur la vie sociale et familiale de l'époque. Une femme pouvait passer la majeure partie de sa vie en noir. C'est l'image encore aujourd'hui de ces femmes du sud de l'Europe pour qui le noir représente la fidélité éternelle au mari disparu.

Paradoxe que le choix du noir - couleur qui rappelle le caractère sombre des ténèbres - dans une société chrétienne pour qui le mort s'en va vers un au-delà bien meilleur. Le noir, en Occident, c'est la couleur du malheur - un jour noir -, de la haine - drapeau noir de l'anarchiste, chemises noires -, de la peur - broyer du noir, un roman noir -, mais aussi de l'élégance - un smoking, une petite robe noire - et de l'autorité - arbitres de sports, juges.

En Afrique du Nord ou en Égypte, le noir aura une signification toute différente : il est symbole de fécondité, de la terre fertile, des nuages gonflés de pluie. Et par là, symbole de la maternité, comme ces Vierges orientales à la figure noire. Dans cette partie du monde, comme d'ailleurs en Asie, c'est le blanc qui sera porté à l'occasion d'un deuil.

Le blanc, degré zéro de la couleur, couleur des apparitions, des fantômes. Il est le signe du nouveau type de présence que le défunt assume dans la société des survivants. Le noir occidental indique une séparation, une distance ; le blanc montre la transformation du mort, son nouvel état. Les aborigènes d'Australie strient leur corps de lignes blanches pour en symboliser le squelette, à la disposition de l'ancêtre mort et soucieux de retrouver forme. Il pourra ainsi continuer son existence dans l'au-delà, de l'autre côté de la terre. Cet au-delà où l'on suppose que les défunts vivent une vie à l'envers de celle des vivants. C'est pourquoi les Masaï et les Soussous en Afrique, les anciens Wallons en Europe portent le deuil en retournant leurs vêtements. En 1934, le cheval qui suivait la dépouille du roi des Belges, Albert 1er, était sellé à l'envers et les soldats pointaient leur épée vers le sol.

Face au blanc et au noir, couleurs de la lumière et des ténèbres, du début et de la fin, la famille endeuillée va utiliser le rouge, couleur de sang et de vie, pour éloigner la mort et pour rendre l'hommage du vivant au défunt. En Chine, on retrouve auprès des tombes des vases rouges sang de bœuf ; en Europe, on posait des fleurs rouges sur le cercueil.

Mais que reste-t-il de ces couleurs de deuil ? En une génération, on est passé de la dramatisation romantique du deuil, héritée du XIXème siècle à son occultation. La mort et le deuil sont traités avec la même pruderie que les pulsions sexuelles il y a un siècle» remarque G. Gorer. La suppression du deuil n'est pas due à la frivolité des survivants mais au refus de la société de participer à l'émotion de l'endeuillé. Une manière de refuser la présence de la mort, le deuil devenant une maladie. Or pour des psychanalystes comme Freud, c'est la répression d'un deuil nécessaire qui est morbide.

Le noir est l'obscurité, associée à la fermeture des yeux, au sommeil nocturne (la mort est fréquemment perçue comme un sommeil éternel), à l'absence de lumière sous la terre (lieu de sépulture, domaine d'Hadès où vont les morts dans la tradition antique grecque, lieu où est supposé se trouver l'enfer) ; le blanc évoque la pâleur du mort, la lumière céleste, la vérité (dans certaines cultures, l'âme du mort a accès à des connaissance hors de portée des humains).

Toutefois, on peut noter que, si le noir est la couleur la plus associée au deuil du fait que c'est celle du grand deuil et, autrefois, de la liturgie des morts, d'autres couleurs de deuil sont admises : le violet (du lavande au mauve) -- qui est aujourd'hui la couleur liturgique de la messe des morts --, le gris et le blanc.

La couleur du deuil varie selon les cultures et mœurs.
En France, et en Europe en général, cette couleur est le noir.
Au Viêt Nam, au Japon ou en Inde, c'est le blanc.
En Chine, c'est le rouge combiné au blanc.


Dans la vieille Chine, le bleu était souvent la couleur affectée aux morts, en opposition au rouge qui était la couleur des vivants, celle que l’on attribuait à la flamme, à la chaleur, qui vivifie les êtres animés, tandis que le bleu, éthéré, était le symbole des âmes après le décès.

~ Conclusion ~

Le deuil dans le catholicisme est une combinaison d’usages et de rites liés à la religion catholique. L'usage veut que la famille du défunt et ses proches s'habillent en grand deuil, en deuil ou en demi-deuil selon la proximité. En principe, le corps, exposé sur un lit, en attitude de gisant, mains jointes et yeux clos, avec à proximité au moins un cierge et, souvent, des fleurs (les lys étaient habituellement utilisées du fait que leur parfum assez lourd peut en masquer d'autres moins plaisants) est veillé par ses proches, qui se relaient à son chevet. Souvent, les veilleurs récitent le chapelet.


Par Funastro
Mis en ligne le 22/05/2009

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