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Ahura Mazda

Ahura Mazda est le dieu suprême et le créateur de toutes choses dans le mazdéisme, religion de la Perse antique avant l’établissement de l’islam, au VIIe siècle.

Le terme Ahura se réfère à l’origine aux trente-trois dieux des anciennes religions prézoroastriennes de Perse et d’Inde, les Asura, associés plus tard aux forces du bien par Zoroastre. Ce dernier, également connu sous le nom de Zarathoustra, prophète à l’origine du zoroastrisme, prêchait contre l’ensemble des dieux, à l’exception d’Ahura Mazda, qui devait, selon ses dires, être vénéré pour l’éternité. Ahura Mazda signifie « Seigneur de la sagesse » en avestique, l’ancienne langue persane. Dans les écrits traitant des enseignements de Zarathoustra, Ahura Mazda (plus tard appelé Ohrmazd) est décrit comme un créateur sage et bienveillant, et donc associé au principe du Bien. On l’oppose à Angra Mainyu (ou Ahriman), un démon ayant pour but de détruire la Terre et ses habitants, par conséquent associé à celui du Mal.

Ahura Mazda n’a aucune forme physique, mais les zoroastriens le vénèrent à travers ses attributs, les Amesha-Spentas (Saintetés immortelles). Les Amesha-Spentas sont le reflet des différents aspects de la nature divine d’Ahura Mazda. Ces aspects sont l’esprit créateur, la droiture, la bienveillance, la dévotion, la puissance, la santé et la longévité ; certains sont considérés comme mâles et d’autres comme femelles. On compare parfois les Amesha-Spentas aux archanges du christianisme.



Le symbole d’Ahura Mazda est le feu, considéré par les zoroastriens comme la substance sacrée par excellence, car représentant l’émanation divine. Comme le feu symbolise la puissance, la présence et la pureté d’Ahura Mazda, il ne doit jamais s’éteindre dans les temples. Ces feux sacrés sont entretenus par un clergé mâle héréditaire.

Ahura Mazda est pour la première fois vénéré officiellement comme dieu tout puissant par le roi perse Darios Ier. Il continue à être vénéré aujourd’hui, principalement en Inde, dans la région de Mumbai (anciennement Bombay), par les parsis, des zoroastriens ayant quitté l’Iran pour l’Inde au Xe siècle. Des communautés zoroastriennes survivent aussi en Iran. Afin d’exprimer leur foi, les membres de la communauté doivent porter des vêtements spéciaux, participer à sept festivals annuels et prier cinq fois par jour. Pour la fin des temps, la communauté zoroastrienne prédit la résurrection de tous les croyants au sein d’un royaume terrestre régi par Ahura Mazda.


Par Grigán
Mis en ligne le 08/04/2009

Confucius

~ Présentation ~

Confucius (551–479 av. J.-C.) est un penseur et éducateur chinois. Confucius est le nom latin donné au XVIe siècle par les Jésuites de Chine à Kong Qiu, plus connu sous le nom de Kongfuzi (littéralement, « maître Kong »).



~ La vie de Confucius selon la tradition ~

La vie de Confucius fait l’objet de plusieurs biographies classiques. Celles auxquelles la tradition confucéenne fait le plus souvent référence sont dues à l’historien Sima Qian et au philosophe Mengzi (Mencius), mais il en existe beaucoup d’autres ; la plupart considèrent Confucius comme un être quasi surnaturel, dont la vie aurait été ponctuée d’événements extraordinaires. La biographie la plus « réaliste » — et la plus couramment retenue — est celle qu’a rédigée Sima Qian dans le Shiji (« Mémoires historiques », Ier siècle av. J.-C.).



Une éducation classique:

Selon ces textes — qui diffèrent en de nombreux points les uns des autres —, Confucius naît en 551 av. J.-C. dans le village de Zou, près de Qufu, dans la principauté de Lu (actuelle province de Shandong). Son père, petit fonctionnaire, meurt alors qu’il n’a que trois ans, et le jeune garçon est élevé par sa mère. Il reçoit une éducation classique qui lui permet de maîtriser les rites, la musique, l’écriture, le calcul, la conduite et le tir à l’arc, ainsi que la poésie, l’histoire et les classiques. Après la mort de sa mère, il commence à enseigner.


Le rôle public de Confucius:

Confucius progresse dans la hiérarchie du corps des fonctionnaires, et obtient à l’âge de cinquante ans la charge de ministre de la justice, où il démontre sa grande sagesse. Son intelligence et sa diplomatie permettent la signature d’un traité de paix avec les dirigeants du pays de Qi et la restitution d’un territoire autrefois annexé au pays de Lu. Confucius se voit alors octroyer la charge de Premier ministre auprès de Ji Huanzi. Ce dernier se laisse cependant corrompre par les dirigeants du pays de Qi et Confucius décide de démissionner.


L’exil, l’enseignement et l’influence de Confucius:

Accompagné de ses disciples les plus fidèles, il s’exile et part à la rencontre des dirigeants des autres principautés du pays, auxquels il propose son enseignement. Ses idées font partout forte impression, mais personne ne se risque pourtant à les mettre e n pratique. Confucius revient finalement dans son pays natal à l’âge de 68 ans, et se consacre désormais à son enseignement ainsi qu’à l’écriture, présidant au choix des poèmes du Shijing (« Canon de la poésie »), commentant le Yijing (« Livre des mutations »), et compilant le Chunqiu (« les Printemps et les Automnes »). Il meurt à l’âge de 72 ans, laissant derrière lui plus de 3 000 élèves, parmi lesquels 72 sont réputés avoir assimilé l’essence de son enseignement. Après sa mort, ses disciples réunissent ses paroles en un ouvrage appelé les Entretiens (Lunyu).



~ Une biographie difficile à établir ~

La biographie traditionnelle de Confucius paraît réaliste, pourtant certains détails trop « parfaits » incitent à la considérer avec prudence. Son nom, par exemple, se prête à trop d’interprétations symboliques pour être son véritable nom de naissance, et les dates clés de sa vie s’accordent trop « facilement » avec certains nombres particuliers : il serait ainsi né 500 ans après le duc de Zhou, aurait fait la preuve de sa sagesse à l’âge de 50 ans et serait mort à l’âge de 72 ans après avoir formé 72 disciples ; or ces trois chiffres — 50, 72 et 500 — possèdent une signification toute particulière selon la pensée chinoise traditionnelle.

L’analyse démontre, en réalité, que Confucius n’a sans doute jamais été ministre de la justice, qu’il n’a vraisemblablement pu choisir les poèmes du Shijing, dont la compilation lui est antérieure, et n’est sans doute l’auteur ni du Chunqiu, ni d’aucun commentaire du Yijing. Ce qui est certain en revanche, c’est qu’un homme d’une envergure peu commune — qui peut être appelé « Confucius », par commodité et en l’absence de sources fiables — est né pendant la période des Printemps et des Automnes dans la principauté de Lu. Issu de cette petite aristocratie sans prestige ni fortune, lettrée et chargée de l’administration locale, il n’obtient probablement au cours de sa vie aucune véritable reconnaissance sociale, ses idées trop généreuses ne trouvant pas d’application pratique. Il se consacre alors à l’enseignement et réunit autour de lui un petit cercle de disciples fidèles, qui tentent de perpétuer sa pensée après sa mort.



~ Pensée et prospérité ~

La pensée de Confucius s’inscrit dans son époque, celle de la fin de la dynastie des Zhou et de la décadence d’un empire. Philosophes, intellectuels et penseurs cherchent alors à énoncer des principes capables d’avoir une action sur les puissants qui gouvernent le pays et des préceptes en mesure de les aider à rétablir l’ordre.

L’enseignement de Confucius apparaît dans ce cadre plus pratique que spirituel. Se considérant lui-même comme un éducateur plutôt que comme un philosophe, insistant sur la force de l’expérience plutôt que sur la pensée théorique, il prône le retour à une véritable morale politique, soutenue par le respect des rites et des règles sociales, seule garante selon lui de la mise en place d’un gouvernement juste. Après la mort de Confucius, ses disciples se sont dispersés, puis sont revenus sur le lieu de sa disparition, où ils ont fondé un culte. Des écoles se revendiquant de sa pensée se sont alors formées, donnant naissance au confucianisme.







Par Grigán
Mis en ligne le 10/04/2009

Gandhi

~ La jeunesse ~

Mohandas Karamchand Gandhi nait le 2 Octobre 1869 à Porbandar en Inde. Sa famille fait partie de la communauté modh (groupe qui traditionnellement s'occupe de commerce : le nom Gandhi signifie en effet "épicier"). Il n'aime guère l'école et en 1881, épouse, sur ordre de sa famille et suivant la tradition, une jeune fille de douze ans comme lui. Le couple aura 4 garçons.



~ En Europe ~

A l'àge de 17 ans, trois ans après le décès de son père, un vieil ami lui propose d'aller en Angleterre afin d'y étudier le droit. Malgré l'opposition de sa famille qui voit d'un mauvais oeil son séjour dans un pays si différent, Gandhi part et est exclut de sa caste. A Londres il se plait à vivre en gentleman.



~ Le retour ~

Le 12 Juin 1891, devenu avocat, il rentre en Inde. Une fois arrivé à Bombay, Gandhi apprend que sa mère est morte. Avec l'aide de son frère il réussit à réintégrer sa caste et commence à travailler en tant qu'avocat mais ses débuts sont difficiles : il ne connait pas suffisament le droit indien. Il renonce à exercer seul cette profession au bout de six mois d'échecs consécutifs.



~ Début de siècle ~

Gandhi déménage donc à Rajkot pour collaborer avec son frère, lui-mème avocat. Il est chargé, après deux ans d'apprentissage, par l'entreprise indienne Dada Abdulla & C., de plaider à un procès qui a lieu au Natal (en Afrique du Sud). Cet homme doux, timide, désintéressé par la politique et assez gauche devant un auditoire entre ainsi en contact avec l'apartheid : il découvre les préjudices raciaux et l'esclavage dans lequel vivent 150.000 de ses compatriotes. Cette révélation le pousse à un grand changement : il qualifiera cette période de son existence comme une "expérience de vérité" qui le rendra militant. Gandhi ne cessera plus jamais de s'interroger sur les conditions de vie de son peuple ainsi que sur sa propre place dans la société se mettant au service de la lutte contre l'intolérance, le racisme, les préjugés et les injustices subis par les indiens en Afrique du Sud allant jusqu' à fonder le Natal Indian Congress (une organisation dont le but est de rendre la communauté indienne homogène et forte dans le domaine politique) et le journal Indian opinion.



~ L'ashram ~

Désormais chef de file des indiens en Afrique du Sud, Gandhi commence à lire les oeuvres sacrées hindouistes : il y trouve l'inspiration pour sa future résidence. Il achète 50 hectares de terre à Phoenix et y construit une ferme afin de subvenir aux besoins de sa famille et de ses collaborateurs. Cette petite propriété est le premier lieu où il est possible de mener une vie monastique en toute quiétude. La paix du ashram portera Gandhi à faire voeux de chasteté en 1906 afin d'aider à l'élévation de son esprit et à la libération d'énergies indispensables à ses activités humanitaires.



~ La révolution tranquille ~

Le 11 Septembre 1906, à l'Empire Theatre of Varieties de Johannesburg, Gandhi utilise en avant première une nouvelle façon d'exprimer son désaccord avec l'Empire britannique : les lecteurs de l' Indian Opinion (suite à un concours) ont baptisé cette pratique la satyagraha : ainsi commence la lutte de Gandhi et de ses collaborateurs contre certaines lois racistes en connaissance de cause et dans l'acceptation de toutes les conséquences prévues par les dites lois sans avoir pourtant recours à la violence. Ce combat dure sept ans, des milliers d'indiens s'unissent à Gandhi : ils seront emprisonnés (tout comme Gandhi en 1908), fouettés voire mème tués pour avoir fait grève, pour ne pas s'ètre fait ficher, pour avoir détruit leur papier ou pour avoir manifesté de manière pacifique. Cette désobéissance se termine en 1913 par la marche des femmes indiennes car, malgré le succès de la répression du gouvernement, l'opinion publique réagit avec vigueur face aux moyens utilisés pour neutraliser les indiens. Cette prise de position incitera le général Jan Christiaan à négocier un compromis avec Gandhi.



~ Voyage en Inde ~

En 1915, Gandhi parcourt en train tout son pays à la recherche de l'àme indienne et à la découverte de ses 700.000 villages aux multiples facettes. Au fil de ses rencontres, il divulgue le concept du Satyagraha réveillant chaque jour un peu plus la conscience politique de son peuple qui l'appelle désormais Bapu (père).



~ Le mouvement Swadeshi ~

En peu de temps, il devient le leader du mouvement anticolonial indien qui prèche, avec succès, l'autodétermination à l'aide de la consommation de biens et de denrées nationales. A ce propos Gandhi déclare : "Un pays reste pauvre, au niveau matériel et spirituel, s'il ne développe pas son artisanat ainsi que ses industries : les tissus que nous importons de l'Occident ont pratiquement tué des millions de nos frères et soeurs".
De plus Gandhi multiplie les initiatives contre la ségrégation des Intouchables, l'alcoolisme, l'ignorance et la pauvreté mais son but ultime reste l'indépendance de l'Inde.



~ L'affrontement ~

En 1928, le gouvernement britannique nomme une commission pour changer la constitution or ce groupe de personnes n'est formé que d'un seul indien entouré d'anglais ! Le congrès demande donc au vice Roi Lord Irwing d'accorder à l'Inde le statut de protectorat ou de s'attendre à une campagne non violente en faveur de l'indépendance. Alors que le gouvernement britannique, présidé par Ramsay MacDonald, refuse la proposition faite, le Congrès Indien, dirigé par Jawaharlal Nehru, approuve le Purna Swaraj (l'indépendance complète). Le 31 Décembre 1929, le drapeau indien est hissé à Lahor et le 26 Janvier 1930 est décrété "jour de l'indépendance".



~ Un nouveau combat ~

Suite à ce grand moment de l'histoire de l'Inde, Gandhi annonce la reprise de la satyagraha : il entreprend, en Mars 1930, une campagne contre la taxe du sel gràce à une marche symbolique le long de la route du sel accompagné de 68 collaborateurs. Il partira de Ahmedabad le 12 Mars et arrivera à Dandi le 6 Avril 1930 ayant ainsi parcouru 380 km à pied. Sur les cotes de l'Océan indien, le sel est extrait par toutes les personnes adhérentes à la manifestation, acte qui constitue une violation flagrante du monopole royale. La réaction de l'Empire britannique est immédiate et sans appel : Gandhi et tous les participants à la marche non violente sont emprisonnés, de nombreuses personnes sont frappées lors de ces arrestations.



~ Le pacte de Delhi ~

A sa sortie de prison, en 1931, Gandhi négocie avec le gouvernement britannique un pacte qui engage les anglais à libérer tous les prisonniers politiques et à autoriser la récolte du sel pour l'usage ménager ainsi qu'à reconnaitre le droit à l'autodétermination de ce peuple. En échange Gandhi suspend le mouvement de désobéissance civile.



~ La seconde guerre mondiale ~

En 1934 diverses tentatives d'assassinat de Gandhi ont lieu vu qu'il est l'interlocuteur principal du gouvernement anglais pour la création d'un nouveau régime politique indien. Le début du deuxième conflit mondial engendre un important climat de tension : la non violence ne peut soutenir cette réalité belliqueuse en étant, malgré tout, proche des victimes du nazisme.



~ La résolution Quit India ~

Pour empécher l'indépendance de l'Inde, le gouvernement britannique essaie de diviser les hindouistes et les musulmans qui forment le mouvement politique indépendantiste. La réaction de Gandhi est une requète formelle aux autorités de quitter l'Inde pour éviter une rébellion non violente totale. Le dernier bras de fer pour la liberté sur le sol indien débute : il fait des milliers de morts et de blessés sans pour autant faiblir jusqu'à l'arrestation de Gandhi et des membres du Congrès à Bombay le 9 Aout 1942.
La longue période de détention qui suit sera fatale à un des conseillers de Gandhi (Mahadev Desai) ainsi qu'à son épouse Kasturba. Le mouvement Quit India a eu des conséquences désastreuses. Gandhi est libéré le 6 Mai 1944 pour subir une opération (il est gravement malade et les anglais ne veulent courir aucun risque : sa mort pourrait ètre à l'origine d'une insurrection).
La fin de la seconde guerre mondiale porte un changement positif : le nouveau premier ministre britannique, Clément Atlee, remet le pouvoir entre les mains des indiens. Gandhi déclare donc la fin de la lutte et environ 100.000 prisonniers politiques sont libérés. Peu de temps après le vice Roi Wavell charge Jawarhallal Nerhu de former le gouvernement intérimaire de l'Inde indépendante.



~ Nouvelle géographie ~

De graves contrastes font suite à cet avènement : le controle du territoire est problématique dans la zone du Kashmir que se disputent l'Inde et le Pakistan. Le 13 Janvier 1948 Gandhi, malgré ses 78 ans, entame un jeùne à Delhi : il requiert la fin des épisodes de violence entre les communautés que leurs croyances opposent. A ceux qui essaient de le raisonner, il répond : "la mort serait une libération glorieuse pour moi, plutot que d'assister impuissant à la destruction de l'Inde". C'est seulement face au renoncement des dirigeants de chaque clan que Gandhi boit un jus d'orange.



~ L'assassinat ~

Le 30 Janvier 1948, près de la Birla House à New Delhi, alors qu'il va dans le jardin pour la prière habituelle de 17h, avec ses deux arrière-petits-enfants Abha et Manu, Gandhi est atteint par trois coups de pistolet tirés par Nathuram Godse (un radical fanatique en relation avec le groupe extrémiste Mahasabha) : Godse juge Gandhi responsable de la politique, selon lui inacceptable, du nouveau gouvernement au Pakistan.

Suite au décès de Gandhi, Jawaharlal Nehru annonce à la radio :
" Chers amis, la lumière a quitté nos vies et l'obscurité est partout, Je ne sais que dire ou comment le dire. Notre leader bien aimé Bapu, le père de la nation, n'est plus. Je me trompe peut-ètre en disant cela, néanmoins nous ne le verrons plus comme nous l'avons vu durant toutes ces années, il ne nous donnera plus de conseils et l'idée est insupportable non seulement à mes yeux mais à ceux de toute la nation ".

Deux millions de personnes assistent aux obsèques avant que les cendres de Gandhi ne soient éparpillées dans les fleuves les plus importants du monde.


Par Colette
Mis en ligne le 17/09/2009

Lao-Tseu

~ Présentation ~

Lao-tseu en pinyin Laozi, (v. 570-490 ou v. le IVe siècle av. J.-C.) est un personnage semi-légendaire à qui la tradition attribue la rédaction du texte principal du taoïsme philosophique, le Daodejing (ou Tao-tö-king).



~ Personnage historique ou personnification de l'Idéal Taoïste ? ~

Il est fait allusion à Laozi dans quelques annales historiques, de façon souvent partielle, incomplète et contradictoire, et surtout dans de très nombreuses hagiographies, à ce point riches en détails et hautes en couleur que si aucun élément ne permet de démontrer que Laozi a jamais existé, il est également impossible d’exclure l’hypothèse qui fait de lui une projection personnifiée de l’idéal taoïste.

Laozi n’est d’ailleurs pas un nom, mais un surnom qui signifie le « Vieux Maître », ou encore le « Vénérable Sage ». De nombreux textes affirment qu’il serait mort à l’âge de 120 voire 200 ans, une telle longévité étant, pour la pensée taoïste, la plus sûre preuve de la sagesse. Quoi qu’il en soit, si Laozi a réellement existé, il est certain qu’il n’est pas l’auteur du Daodejing, dont l’analyse, notamment philologique, démontre d’ailleurs qu’il ne peut avoir été écrit par un auteur unique.



~ La vue de Laozj, entre histoire et légende ~

Sima Qian mentionne à plusieurs reprises la vie de Laozi dans le Shiji (« Mémoires historiques », 105 av. J.-C.). Selon l’historien, son véritable nom aurait été Li Er, et il serait né dans un petit village appelé Quren, dans l’État de Chu (actuelle province de Henan). Il aurait exercé le métier de gardien des archives au service de la Cour des Zhou, métier alors consacré à l’astrologie et à la divination.

S’il est possible que ces quelques faits soient exacts, le reste de la biographie de Laozi, y compris les événements racontés par Sima Quan, tient surtout de la légende. L’incertitude quant à la date précise de sa naissance tient notamment à la tradition qui veut faire de lui un contemporain de Confucius, auquel il aurait enseigné l’importance des rites. Une autre tradition tend à faire du Bouddha historique un disciple de Laozi, lequel aurait d’ailleurs envoyé Yin Xi, le gardien de la frontière située entre le pays des hommes et le paradis des immortels, veiller sur la naissance du jeune Siddharta Gautama. Ni les confucianistes ni les bouddhistes n’apprécient particulièrement ces affirmations, et les querelles, elles-mêmes étayées par de nouveaux faits légendaires, sont potentiellement nombreuses.

L’épisode le plus fameux de la vie légendaire de Laozi raconte comment celui-ci, consterné par la décadence de la dynastie des Zhou, aurait décidé de quitter le monde et se serait alors dirigé vers le paradis des Immortels, monté sur un bœuf vert. Le gardien de la frontière, Yin Xi, reconnaissant en lui un homme sage, aurait exigé de Laozi comme droit de passage qu’il lui fasse part de son enseignement. C’est ainsi que le Daodejing aurait été dicté, en une nuit, avant que le vieux sage ne disparaisse à jamais.

~ Le Daodejing ~

Le Daodejing, « Livre du principe premier et de sa vertu » (les traductions du titre pouvant prêter à une infinité de discussions et de débats) est une suite d’aphorismes. Il ne fait référence à aucun autre texte parmi les classiques chinois, aussi est-il extrêmement difficile de le dater avec précision ; cependant certains extraits apparaissent clairement comme des réponses à la pensée confucianiste. Le Daodejing aurait été écrit entre le VIIIe et le IIIe siècle av. J.-C. D’abord appelé le Laozi, il n’aurait pris son titre actuel que pendant la dynastie des Han.

Composé seulement de 5 000 à 6 000 caractères (selon les versions), le Daodejing enseigne comment se conduire selon les règles du principe universel premier (dao), à ne pas les contrarier, et à toujours respecter l’ordre naturel des choses. Chacune de ses phrases est ambiguë, manifestement de propos délibéré, ce qui autorise ainsi une multitude d’interprétations. Les caractères chinois ayant largement évolué tant phonétiquement que sémantiquement en plus de deux millénaires, au point de s’être parfois considérablement éloignés du sens initial, le Daodejing devrait, à défaut d’être incompréhensible, être totalement intraduisible. C’est pourtant le contraire : c’est l’œuvre chinoise la plus traduite, et de très loin, sans doute précisément parce qu’elle laisse au traducteur une large liberté et prête à de multiples interprétations philosophiques, éthiques, politiques, morales et même économiques.


Par Grigán
Mis en ligne le 10/04/2009

Mani


Mani (216-277), prophète perse, fondateur du manichéisme.

Né en Perse, dans le nord de l’ancienne Babylonie, vers Mardinu (dans l’actuel Irak), il appartient à une branche de la dynastie parthe des Arsacides (247 av. J.-C.-226 apr. J.-C.) alors au pouvoir. Son père Patek, très religieux, fait partie d’une secte baptiste judéo-chrétienne, les elchasaïtes, qui prêche une morale rigoureuse fondée sur l’abstinence (ni viande, ni vin) et la chasteté, dans laquelle Mani est élevé dès l’âge de quatre ans.



En 228, puis en 240, il a la vision d’un ange qu’il appelle le Jumeau, plus tard identifié au Paraclet, envoyé du Royaume de la Lumière. Celui-ci lui révèle les mystères de l’univers et l’engage à quitter les elchasaïtes pour prêcher la vérité à travers le monde. Mani gagne d’abord l’Inde où il vit deux ans parmi les bouddhistes de l’Indus, puis prêche en Médie, en Perse, chez les Parthes... Tout en se disant apôtre du Christ, il reconnaît comme prophètes Bouddha et Zoroastre.

Protégé par l’empereur perse Chahpour Ier (ou Shapur, Shahpur, Sapor), qu’il rencontre à plusieurs reprises, il connaît un large succès durant trente ans. Mais en 273, les prêtres zoroastriens convainquent Bahram Ier, fils et successeur de Chahpour, d’interdire toutes les religions étrangères et de condamner Mani. Emprisonné à Gondeshahpur près de Suse (actuel Iran), accusé d’hérésie, il est chargé de chaînes et meurt, en prison ou exécuté, après plusieurs années de supplices. Sa tête est alors exposée à la porte de la ville.


Par Grigán
Mis en ligne le 23/04/2009

Ramakrishna


Ramakrishna (1834-1886), brahmane bengali, l'un des principaux acteurs du renouveau indien au XIXe siècle avec Vivekananda, son disciple, et Dayananda Saravasti, fondateur du mouvement réformiste hindou Arya Samaj.

Né au Bengale, fils d'un pauvre et pieux brahmane, Ramakrishna, de son vrai nom Gadadhar Chatterji, devint en 1855, prêtre du temple dédié à la déesse Kali, près de Calcutta, et entra fréquemment en transes (samadhi). Contraint d'épouser une enfant à l'âge de 25 ans, il se retira dans la forêt où il vécut en ascète et acquit une réputation d'homme saint et miséricordieux. Sa femme devint son élève et sa disciple, et vit en lui (à l'instar de nombre de ses adeptes) l'incarnation de Vishnou.

À partir de 1872, il s'installa à Calcutta où il commença à étudier les pratiques islamiques et chrétiennes : hindous, musulmans et chrétiens se rendirent à son temple pour le visiter. Il mourut d'un cancer en 1886, laissant de nombreux disciples qui diffusèrent son enseignement.


Par Grigán
Mis en ligne le 23/04/2009

Zoroastre


Zoroastre (v. 630-550 av. J.-C.), prophète religieux perse qui fonda le zoroastrisme. Zoroastre (connu dans la Perse ancienne sous le nom de Zarathoustra) est issu d’une famille de chevaliers, les Spitama, établie dans l’Airayana Vaejah, province de l’est de la Perse, probablement à l’époque précédant celle des rois achéménides, bien que l’on ait pu faire mention de dates antérieures. Probablement prêtre dans un premier temps, il était encore jeune lorsqu’il commença à avoir des révélations d’Ahura Mazda (le « Seigneur Sage »). Les conversations qu’il eut avec cette divinité et les difficultés qu’il rencontra en prêchant sont recueillies dans les gathas (hymnes métriques), qui font parties du texte sacré connu sous le nom d’Avesta. Il semblerait que, après des années de lutte avec les prêtres des cultes établis (durant lesquelles il réussit à convertir plusieurs de ses parents et proches), il aurait été soutenu par Vistaspa, roi de Chorasmie (aujourd’hui dans le Turkestan russe). Par la suite, la religion prêchée par Zoroastre commença à se répandre.




Zoroastre condamna les rites orgiaques accompagnant les sacrifices traditionnels offerts aux dieux par les Perses mais voulut perpétuer la tradition du culte du feu. Il interdit également de sacrifier à Ahriman et à ses serviteurs, divinités auparavant subalternes dans le panthéon perse et symbolisant les principes diaboliques du nouveau credo de Zoroastre.

Le pays natal de Zoroastre était montagneux, consacré à l’élevage de bovins, considérés comme des animaux sacrés. Son espoir était de parvenir, par sa religion, à unifier les gardiens de bétail face aux maraudeurs nomades et aux pratiquants de certains cultes sacrificiels. Toutefois, il semblerait que la profondeur intellectuelle de son système ait exercé une influence notable sur la pensée occidentale : ainsi, Platon, Aristote et d’autres penseurs grecs manifestèrent un grand intérêt à l’égard de ses doctrines. Enfin, les idées de Zoroastre exercèrent une influence considérable sur l’évolution de la démonologie, de l’angélologie et de l’eschatologie judéo-chrétiennes, influence mentionnée dans le Manuel de discipline trouvé parmi les rouleaux de la mer Morte. Sa principale contribution fut d’élaborer un credo monothéiste et un dualisme éthique, qui furent exacerbés par ceux qui enseignèrent ensuite sa doctrine. Il ne nia pas l’existence des divinités traditionnelles du panthéon perse, mais indiqua que seul Ahura Mazda était digne de vénération. Il déclara également que l’un des fils d’Ahura Mazda, Ahriman, avait opté pour le mal, donnant ainsi naissance à la dualité opposant le bien au mal. Ces deux notions préfigurent la plupart des spéculations d’ordre éthique et religieux qui se firent jour ultérieurement.


Par Grigán
Mis en ligne le 23/04/2009

Informations

~ Sources ~

* GANDHI, Mohandas Karamchand • Autobiographie ou Mes expériences de vérité [Texte imprimé] • Paris : PUF, 2007. - 720 • (Quadrige, ISSN 0291-0489 ; 35) • ISBN 2130560997

* "Dictionnaire De Toutes Les Religions", de J.P. Migne.
* "Encyclopédie Universelle Larousse".
* "Encyclopédie Universelle Des Religions"

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