Au départ, la révélation a été donnée à Moïse au mont Sinaï. Moïse l’a consignée par écrit dans les cinq premiers livres de la Bible,
le Pentateuque, qui contient l’ensemble de ce qu’il faut faire et croire. Ce Pentateuque est la Loi, la Torah.
Plus tard, d’autres écrits s’ajouteront à ce Pentateuque pour former la Bible.
Mais à côté de cette Révélation écrite, les Hébreux prendront pour acquis qu’il existe aussi une révélation orale:
La Michna, commentaire de la Torah et la Guémara, commentaire du commentaire. Un fois mise par écrit, on nommera Talmud
cet ensemble de la révélation orale.
Il existe aussi une pensée plus mystique, plus ésotérique dans le judaïsme, pensée formulée dans la Kabbale,
dont les deux ouvrages les plus importants sont le Sefer Yetsira, le Livre de la Création et le Zohar, le Livre de la Splendeur.

Ce que les chrétiens nomment la Bible n’est pas tout à fait la même chose que pour les Juifs. La Bible renferme
deux grandes sections: l’Ancien Testament et le Nouveau Testament. Chacune des sections contient plusieurs livres eux-mêmes
subdivisés en chapitres et en versets. L’Ancien Testament est écrit en hébreu. Cet original hébreu est considéré par toutes
les Églises chrétiennes et juive comme inspiré de Dieu, c’est à dire que les croyants tant protestants que catholiques ou juifs
considèrent ces livres comme la Parole de Dieu.
On trouve aussi quelques livres écrits par les communautés grecques juives. Ces livres sont écrits en grec. On appelle couramment ces livres
deutérocanoniques ou apocryphes. L’Église catholique reconnaît aussi comme inspirés ces deutérocanoniques alors que les Églises protestantes
ne reconnaissent que les livres ayant été écrits en hébreu. Le judaïsme quant à lui ne reconnaît pas non plus ces livres et,
en fait, c’est le judaïsme qui le premier a déterminé cela. La différence entre les deux listes (appelées aussi canons) remonte loin.
Après la ruine de Jérusalem, en 70 après Jésus-Christ, des savants juifs voulant préserver la religion juive, se réunirent à Jamnia
et rejetèrent les écrits grecs pour ne conserver que les écrits hébreux. Beaucoup d’historiens voient dans cette décision
une réaction au fait que certains groupes chrétiens utilisaient déjà les écrits grecs.
Les livres deutérocanoniques sont:
~ le livre de Baruch,
~ la partie grecque du livre de Daniel,
~ la partie grecque du livre d’Esther,
~ le livre de Judith,
~ la lettre de Jérémie,
~ 1 et 2 Maccabées,
~ le livre de la Sagesse,
~ le Siracide,
~ le livre de Tobit.
On ne trouve donc pas ces livres dans les Bibles juives. D’ailleurs, dans le judaïsme, on ne dit pas "la Bible". On parle plutôt de la Tanakh.
Ce mot n’existe pas en fait. Il est, lié pas des "a", les trois premières lettres de chacune des parties de la Bible juive: T, N, K.
Le "T" est la première lettre du mot Torah. C’est la première partie de la Bible et certainement la plus importante pour le judaïsme.
La Torah, c’est le Pentateuque, c’est-à-dire les cinq premiers livres de la Bible: Genèse, Exode, Lévitique, Nombres et Deutéronome.
La rédaction de ces cinq livres est traditionnellement attribuée à Moïse qui les aurait reçus en révélation au mont Sinaï.
Ils constituent la LOI, c’est-à-dire ce que Dieu attend que nous fassions.
Le "N" est la première lettre du mot Neviim qui signifie prophètes. Les livres couvrant cette appellation sont principalement:
Josué, Juges, Samuel, Rois, Isaïe, Jérémie, Ézéchiel.
Le "K" est la première lettre du mot Ketouvim qui signifie écrits sacrés et qui couvre tous les autres écrits de la Bible sauf,
bien sûr, les écrits grecs et le Nouveau Testament.
La Torah est par ailleurs universelle. Pour les Juifs, la Torah n’est pas spécifique au peuple juif non plus que sujette à
des adaptations culturelles. Elle a d’ailleurs été donnée dans le désert, en dehors de toute civilisation pour bien marquer
son indépendance des contingences culturelles. C’est à l’homme de changer.
Selon la tradition juive, Dieu exposa la Torah en 70 langues afin de l’enseigner à toutes les nations. Toutefois, seul
Israël accepta intégralement le "joug du royaume des cieux"
en s’écriant: "Nous exécuterons tes préceptes et nous comprendrons ensuite".
L’ensemble de l’histoire est constitué de trois parties distinctes. Dans un premier temps (création), Dieu a créé l’univers
à partir du néant. Dans cette création, il a fait l’humain, bon, mais doué du libre arbitre. Il est donc libre mais, historiquement,
il a choisi la faute et Dieu l’a expulsé du paradis terrestre. Dès lors, le bien et le mal se sont trouvés tellement emmêlés
qu’il ne sait plus ce qui est bien et ce qui est mal. Il n’est plus capable par lui-même de définir le bien car ce qui est
mal peut apparaître comme bien. Dieu a donc donné à l’humain la Torah qui peut et doit lui servir de guide. C’est
le deuxième temps de l’histoire, la Révélation. Dès lors, l’être humain peut, toujours grâce à son libre-arbitre,
choisir de se perfectionner lui-même. Il peut aussi choisir la faute. Cependant, il est toujours possible, grâce
au repentir, de se racheter soi-même sans l’aide d’un sauveur comme dans le christianisme. Dieu est donc perçu
comme un Dieu agissant continuellement dans l’histoire afin de permettre à l’humain de se perfectionner, de
parachever la création et de l’accepter à la fin comme Dieu au terme de cette histoire (Rédemption).
Ce parachèvement se fait essentiellement par l’action, en pratiquant la vertu et la justice. C'est aussi la troisième partie de l'histoire.
Le mot même de Torah signifie deux choses. La Torah est un enseignement de ce qu’est le monde, l’être humain et l’histoire.
Elle est aussi une direction que l’on doit suivre pour être en accord avec Dieu. C’est l’"exposé détaillé des principes
qui doivent guider l’homme dans ses rapports avec son prochain et avec Dieu".
Il n’y a donc aucune raison pour que la Torah change selon le contexte culturel ou le type d’individus.
Un humain reste un humain et le bien reste le bien. D’ailleurs une partie du rôle d’Israël
dans l’histoire sera de manifester cela aux humains. Nous le verrons plus loin, le messianisme juif vise essentiellement
à ramener à Dieu tous les peuples qui le reconnaîtront et accepteront sa Torah.
Cette Torah est souvent chez les chrétiens confondue avec les 10 commandements que Moïse reçut au mont Sinaï et qui
sont décrits au chapitre 20 du livre de l’Exode.
En fait, la Torah pour les juifs est beaucoup plus que cela. La Torah "comprend la doctrine et la pratique, la religion et la morale.
Elle régit tous les aspects de la vie: les rapports de l’être humain avec Dieu, ceux de l’être humain avec son prochain, et
ceux de l’être humain avec lui-même". La Torah est donc indissociable de sa mise en pratique par la morale et c’est donc
avec justesse que le Judaïsme a été qualifié de "monothéisme éthique".
La Torah comprend donc 613 commandements auxquels l’être humain doit se soumettre.

Bien avant que ne soit formé le Talmud, la Torah était commentée, enseignée et étudiée dans les synagogues.
Le Midrash signifie enseignement et étude. Ces commentaires, les Midrash, se transmettaient oralement et il était µ
couramment admis qu’ils étaient inspirés par Dieu et avaient été reçus par Moïse comme le reste au mont Sinaï.
Ainsi, à côté de la Torah écrite, existait une Torah orale. Après la chute de Jérusalem en 70, il devint nécessaire
de consigner cet enseignement par écrit car le patrimoine juif menaçait de se perdre avec la Diaspora. Par écrit,
ces commentaires prirent le nom de Michna, mot hébreu qui signifie répétition et qui indique bien de quelle manière
l’enseignement était fait (par répétition des commentaires de la Torah).
La Michna fut aussi sujet à des commentaires qui furent mis par écrits:
L’ensemble de ces commentaires furent appelés Guémara qui signifie achèvement, conclusion.
Le Talmud est en fait l’ensemble de la Michna et de la Guémara. Celui-ci est construit selon deux axes principaux:
- l’un régit la vie quotidienne, sans s’occuper de la philosophie, c’est la Halakha, guide de conduite de la pratique
religieuse de type juridique. Elle était réservée à l’élite intellectuelle;
- l’autre, l’Agada, plus accessible au peuple, est composé de récits légendaires, de fables, de réflexions morales,
de maximes pour éveiller les qualités du coeur et de l’esprit.
Mais le Talmud ne peut être compréhensible sans un effort d’interprétation et de systématisation qu’ont fait les docteurs
de la Loi, les rabbins, les érudits du 7e au 9e siècle. Ce sont eux qui ont fixé clairement par leur enseignement
la façon de suivre la Loi, à la lumière du Talmud. Cela correspond à une phase du développement de la pensée qui a été nommée rabbinisme.
L'Alliance, dans la théologie de l'Ancien Testament, est la relation ou le contrat unique entre Dieu et Israël, le peuple élu.
L'Alliance entre Yahvé et le peuple d'Israël est une suite d'alliances. Dès la fin du Déluge, Yavhé établit une alliance avec Noé et, par
lui, avec l'humanité tout entière (Genèse, IX) ; le signe de cette alliance est l'arc-en-ciel. Abraham conclut ensuite une alliance avec Yahvé
(Genèse, XV) ; le signe de cette alliance est la circoncision qui marque les fidèles dans leur chair (Genèse, XVII). Mais l'alliance conclue solennellement
avec le peuple d'Israël est celle qui eut lieu avec Moïse sur le mont Sinaï, quand il reçut la Loi et qu'il la lut à son peuple (Exode, XXIV).
Le peuple accueillit le Décalogue (Exode, XX à XXIII) et promit de faire selon les paroles de Dieu : l'alliance fut conclue (Exode, XXXIV).
Dans le Deutéronome, Moïse demanda au peuple de demeurer fidèle à cette alliance.
La doctrine de l'Alliance relève de la conviction selon laquelle Israël est le peuple élu de Dieu, que Dieu a choisi ce peuple pour qu'il soit
son témoin. La relation est réciproque entre Israël et son Dieu ; elle est fondée sur le choix gratuit par lequel Dieu lui-même s'engage, en tant
que Seigneur de l'Alliance, comme partenaire du peuple d'Israël qui doit bénéficier de la bénédiction et de la protection de Yahvé tant qu'il Lui
est obéissant et fidèle. Mais si le peuple rompt l'Alliance, Dieu se met en colère. Cependant, Il lui pardonne et propose alors ce que les prophètes
désignent comme une nouvelle alliance (Jérémie, XXXI, 31-34 ; Ézéchiel, XXXVI) :
« Je serai votre Dieu et vous serez mon peuple. » Dieu veut inscrire
Sa Loi dans le cœur des hommes afin que l'obéissance soit spontanée et que l'alliance devienne perpétuelle.
Pour la Diaspora juive, l'alliance particulière du peuple d'Israël avec Dieu demeure et appelle les juifs dispersés à un retour sur la Terre
promise en vertu de l'élection du peuple de Moïse.
De par son origine juive, la religion chrétienne a prolongé et définit différemment l'Alliance entre Dieu et les Hommes.
Une nouvelle Alliance sera établie après le sacrifice du Fils de Dieu. Contrairement à la "Première Alliance",
le peuple élu est l'ensemble des hommes et des femmes vivant sur cette terre.
Selon la théologie chrétienne, une alliance pour la rédemption de l'humanité est conclue en Jésus-Christ, par sa mort sur la croix.
Par analogie avec le sang des animaux sacrifiés lors de la conclusion des alliances dans l'Ancien Testament, le Nouveau Testament connaît
un sang dans lequel est conclue une alliance (Évangile selon saint Marc, XIV, 24), une « nouvelle alliance »
(Évangile selon saint Luc, XXII, 20 ;
1re épître aux Corinthiens, XI, 25) : le sang de Jésus auquel il faut joindre sa mort et sa résurrection, celle-ci signifiant que Dieu a agréé ce sacrifice
et que le salut a été acquis pour tous. La communauté des croyants, l'Église, veut rassembler tous les amis de Jésus et même tous les hommes de bonne volonté,
signifiant ainsi que cette alliance en Jésus-Christ, le Verbe fait chair, est une alliance éternelle, définitive et universelle entre l'humanité et Dieu.
L'Histoire du salut officiellement reconnue est dès lors une suite de deux alliances (Épître aux Galates, IV, 24 ; 2e épître aux Corinthiens, III, 6-18 ;
Épître aux Hébreux, VII-X). L'avis des théologiens diffère à propos de la signification précise de cette alliance, parfois appelée la Nouvelle Alliance
ou l'Alliance du Nouveau Testament. Certains pensent que tous furent rachetés par le sacrifice volontaire du Christ ;
d'autres soutiennent que seuls seront sauvés ceux qui ont la foi, ou ceux qui ont la foi et accompli de bonnes œuvres.

Fête du Nouvel An juif qui se déroule au début de l’automne.
Importante fête juive dite du Grand Pardon.
Elle est célébrée en septembre ou la première quinzaine d'octobre. C'est l'apogée de l'observance des dix jours
de pénitence, qui commencent avec Rosh Hashana, ou nouvel an, et la plus sacrée des fêtes juives ; avec cette fête,
elle représente les « jours très saints ».
Yom Kippour est une journée de gravité et de recueillement, d'examen de conscience,
de retour sur soi, et de prières pour obtenir le pardon. Il apporte le pardon pour les péchés commis envers Dieu, mais
non pour ceux commis envers le prochain, à moins qu'on ne se réconcilie avec lui à cette occasion. C'est également
le jour où chaque individu prend de nouvelles résolutions pour l'année suivante.
Soukkot ou Souccot est l’un des trois festivals du judaïsme. Durant cette fête, la Torah prescrit aux Juifs de résider,
prendre leurs repas, voir dormir dans une soukka, qu’ils auront construite eux-mêmes, et ce dès la fin de Yom Kippour.
Toute la famille commencera dans un esprit de réjouissance la construction de la soukka, dans le jardin, sur le balcon
ou dans tout autre lieu décent à ciel ouvert.µ
La Soukka doit être construite selon des règles et des proportions précises, et le toit en est l'élément le plus important.
À défaut, une caravane sera utilisée, à condition qu'elle soit non résidentielle. Il est de coutume de la décorer en y
accrochant des fruits, par exemple, et en l'arrangeant de manière à la considérer comme un lieu d'habitation.
Fête annuelle juive également appelée fête des Lumières. Le terme est un mot hébreu qui signifie « dédicace ».
Elle commence au mois de décembre dans le calendrier grégorien et au solstice d'hiver. Traditionnellement, on l'appelle
aussi fête de la Consécration et fête des Maccabées.
Hanoucca commémore la seconde consécration du Temple de Jérusalem.
C’est une fête juive "mineure". Tou Bichvat est le "Nouvel An des arbres" correspondant, en terre d'Israël, à la fin de l'hiver et marquant ce qui, en Occident, est considéré comme le printemps, à savoir le renouveau de la nature
Le pourim commémore la libération des juifs de Perse, menacés d'anéantissement sous le règne du roi
perse Assuérus, ou Xerxès Ier, comme l'indique le livre d'Esther.
Elle se déroule les quatorzième et quinzième jours du mois juif adar (au printemps). Elle est célébrée
par des réjouissances, le don d'aumônes, l'envoi de nourriture aux voisins et amis, et par le chant du texte d'Esther.
C'est probablement le jour le plus joyeux de l'année juive.
Importante fête juive qui commémore l'exode des Hébreux d'Égypte et leur traversée de la mer Rouge. Cette fuite,
décrite dans le livre de l'Exode, était menée par Moïse.
Pendant toute la durée de la fête, les juifs doivent s'abstenir de manger du pain -au levain, et le remplacer par du pain sans levain, dit pain azyme.
La tradition juive orthodoxe exige que les repas soient préparés et servis à l'aide de couverts et de plats strictement réservés à cette occasion.
Cette fête est le signe de l'anniversaire de la déclaration d'indépendance de l'Etat d'Israel le 5 Iyar 5708.
Ce jour est fêté dans de très nombreuses communautés Juives internationnales ainsi qu'en Israël. La veille
de Yom Haatsmaout, nous célébrons Yom Hazikaron (le jour du souvenir) à la mémoire des soldats tombés au champ d'honneur afin d'arriver à l'indépendance.
C’était à l'origine une période joyeuse, entre la fête de la sortie d'Égypte et celle du don de la Torah.
Shavouot ou Chavouot est une fête dite des Semaines ou Pentecôte. La fête est célébrée à la fin du printemps
pendant le mois hébreu de sivan, cinquante jours après la Pâque.
À l'époque biblique, la fête était une action de grâces pour la récolte des moissons. Plus tard, la tradition
l'associa à la remise des tables de la Loi sur le mont Sinaï. La célébration de Chavouot comprend la lecture du
Livre de Ruth et la décoration du foyer et de la synagogue avec des fruits et des fleurs.
Le Jour du Souvenir des Martyrs et des Héros de la Shoah est un jour national de commémoration en Israël pendant lequel la mémoire des six millions de Juifs assassinés durant la Shoah est honorée.
Yom Hashoah rappelle le cataclysme, l’horreur des camps de la mort, la folie des hommes, leur bestialité, face à 6 millions de Juifs juste coupables d’être Juifs.
La journée du 9 Av commémore la destruction du 1er Temple il y a 2587 ans (-586) et la destruction du second Temple il y a 1931 ans environ (vers 68 ou 70).