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Les Chinels de Fosses-la-Ville

Fosses-la-Ville

~ La commune et sa région ~

Fosses-la-Ville (anciennement Fosses et en wallon « Fosse ») est une ville et commune de l'Entre-Sambre-et-Meuse, dans la province de Namur (Région wallonne de Belgique). Elle est arrosée par la Biesme.

Fosses-la-Ville est un très ancien village, portant il y a plusieurs siècles le nom de « Bebrona », nom issu de la présence d'eau potable sans doute à l'origine du choix du lieu. Le village, fondé autour d'un monastère du VIIe siècle, est devenu, étant donné sa prospérité grandissante, une des 23 Bonnes Villes de la principauté de Liège. Elle a subi de nombreux sièges surtout au XVIIe siècle.

L’entité est surtout connue pour son carnaval de la Laetare, durant lequel le groupe folklorique régional célèbre des Chinels défile dans les rues de la ville.



~ Les Chinels de Fosses ~

Les Chinels

~ Présentation du personnage

Le "Chinel" est le cousin de "Pulcinella" de la Commedia dell'Arte, descendant de "Polichinelle". Leur costume coloré est fait en soie chatoyante. Ils sont ornés de grelots, ont deux légères bosses, une colorette imposante, des plumes sur leur chapeau. Leur épée en bois est utilisée pour le "sabrage" des filles (probablement un ancien rite de fertilité).

Ils dansent de façon endiablée sur les "4 airs de Chinel". Les pierrots musiciens interprètent des musiques joyeuses. Les petits Chinels dansent au milieu des échasseurs (typiquement namurois) et des sapeurs couverts de feuilles.

Ces particularités en font des invités de choix dans les carnavals wallons et étrangers. Outre l’Europe, nos Chinels ont « conquis » les États-Unis et le Japon.

~ Origines

Dans toutes les civilisations, les malformations de l’Homme ont fait l’objet de moqueries. Le théâtre greco-romain et les statues de l’Antiquité témoignent à l’envi de l’attrait insolite des Anciens pour ces formes disgracieuses.

A Rome, un personnage reproduisant ces déformations - appelé « Maccus » - se produisait dans des spectacles très populaires, quoique de très mauvais goût.

Son affublement et son nom évoluèrent au fil du temps : il fit place au « Pullicenus » qui, bien que toujours présent dans les représentations théâtrales, fut longtemps éclipsé par les figures religieuses.

Ces Doudous - dont le nom pourrait être interprété à Fosses comme « gros et difforme » - se distinguaient par un costume de toile blanche à gros boutons rouges, complété d’un bicorne et de sabots à bouts colorés. C’est dans une dictée scolaire de 1862 qu’est cité pour la première fois leur nom. Mais déjà, entre 1736 et 1740, il est fait mention dans les comptes de la Commune de paiements pour la « comédie des carnavalles », ce qui laisse raisonnablement à penser que, depuis longtemps, ces joyeux compères martelaient les pavés de la ville de leurs sabots. Quant au « Chinel », on en retrouve la première trace écrite dans un registre de délibérations du Conseil Communal de 1858.

La venue à Fosses d’un Hennuyer, Louis Canivet, qui créa en 1869 les quatre airs de la musique des Chinels, changea indirectement l’aspect de leur déguisement. Cette musique particulièrement entraînante vint remplacer les âpres « rigodons » et le besoin d’une tenue plus légère et raffinée se fit naturellement sentir. Les lourds sabots furent remplacés par des chaussures ornées de rosaces. Le chapeau s’enrichit de grandes plumes colorées et les costumes prirent des teintes de plus en plus variées.

De nombreux Chinels se groupèrent en « soces » (groupes d’amis) qui préparaient, dans le plus grand secret, des tenues toujours plus originales, réservant soigneusement la surprise pour le grand jour.

Avec la Belle Epoque apparurent de nouvelles matières qui donnèrent légèreté et éclat au vêtement. Les tenues évoluèrent encore au fil des décennies pour aboutir à notre costume actuel, proche de la perfection, qui allie côté pratique et splendeur.

A partir de 1900, les musiciens furent habillés en Pierrots.

C’est en 1928 que toutes les « soces » décidèrent de se réunir en une société qui prit la dénomination de « royale » en 1978.

En 1952, à l’occasion de la « Joyeuse Entrée » du Roi Baudouin à Namur, un costume s’inspirant du XVIème siècle fut adopté pour quelques années puis remplacé par un uniforme plus sobre, conservé jusqu’en 1982, année où le Pierrot fit sa réapparition.

Les Chinels De temps à autre, des projets visant à faire renaître ces particularismes font surface mais les difficultés sont multiples et l’enthousiasme de l’Homme du XXIème siècle certainement moins entier que celui du citoyen d’avant-guerre.

Enfin, pour prévenir tout plagiat, notre costume a été protégé par le dépôt d’un brevet.

Toutefois si l’histoire se refuse à donner une origine probante aux Chinels, une légende se transmet de génération en génération à Fosses-la-Ville : la légende des deux bossus…
« Au temps où l’on croyait encore aux fées, vivait à Fosses un gentil petit bossu qui s’occupait de colportage dans la région. S’étant attardé plus que de coutume auprès de ses clients, il rentra, un soir, très tard. Si tard qu’en passant au lieu-dit « Pont de l’Allou », il assista, interloqué, au sabbat des sorcières de la forêt. Celles-ci voulant le récompenser pour sa serviabilité, le débarrassèrent de sa difformité. Quand, le lendemain, un autre bossu de la région, méchant et haineux celui-là, eut vent de la chose, il se rendit dans la forêt à l’heure de minuit. Mal lui en prit. .. Il en revint affublé d’une seconde bosse, une devant et une derrière. Carnaval étant proche, les fossois se moquèrent de lui ».
Ainsi serait né « le Chinel », le roi du carnaval de Fosses.

~ La date de ce carnaval

La fête du Laetare a lieu tous les ans, le quatrième dimanche de carême. Le lundi est réservé aux différents groupes locaux, qui défilent dans les rues et vont rendre visite aux notables de la ville.

Traditionnellement, la fête du Laetare se termine par un rondeau final au cours duquel tous les groupes, un par un, viennent faire une démonstration de leurs talents à la foule amassée sur l’antique Place du Marché, au cœur de l’ancienne « Ville des Bourgeois ».

Le carnaval de Fosses-la-Ville attire chaque année des milliers de badauds venus admirer les danses sautillantes des Chinels, et l’imagination délirante et débridée des autres groupes folkloriques fossois (Echasseurs, clowns, sorcières,…) et groupes étrangers invités pour l’occasion.




Par Grigán
Mis en ligne le 22/04/2010

Informations

~ Sources ~

* DELMELLE, Joseph • Guide du Folklore Permanent en Belgique [Texte imprimé] • Bruxelles : Rossel Editions, 1974

* Site de l'entité de Fosses-la-Ville [En ligne] • Fosses-la-Ville : [s.n] 2010 • [Consulté le 1er avril 2010] • Mise à jour régulière
• Disponible sur l'Internet: < http://www.fosses-la-ville.be/spip.php?article26 >

* Site officiel "Les Chinels" [En ligne] • Fosses-la-Ville : [s.n] 2010 • [Consulté le 1er avril 2010] • Mise à jour régulière
• Disponible sur l'Internet: < http://www.chinels.be/ >



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