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Anneliese Michel

Anneliese Michel (1952-1976) est une jeune Allemande dont la vie tragique a servi de modèle pour les films L'Exorcisme d'Emily Rose et Requiem.
Elle fût élevée dans la petite ville de Klingenberg am Main, où son père opérait dans une scierie. Ses parents étaient des Catholiques dévoués et elle a grandit en devenant une jeune fille très religieuse.



~ Biographie ~

Depuis sa naissance le 21 septembre 1952, Anneliese Michel mena d'abord une vie normale, caractérisée par une grande piété. Du jour au lendemain, sa vie bascula.

Elle eut une grande sœur illégitime, Martha (1948-1956, décédée jeune suite à un opération pour le cancer au rein), née avant le mariage de ses parents, pour qui Anneliese décida de faire pénitence pour expier les péchés de l’illégitimité. À l’âge de l’adolescence, elle se couchait sur la pierre le soir pour expier les péchés des prêtres coupables de crimes morales, ou encore pour les sans abris et les toxicomanes (qui étaient souvent vu dormant sur les sols durs des stations de trains).

Un jour de 1968, elle commença a trembler et à ne plus savoir contrôler son corps. Lors de ses crises, elle perdait sa voix, ne pouvait plus appeler ses parents pour leurs demander de l'aide. Un neurologue diagnostiqua qu'elle souffrait d'épilepsie et elle fût admise à l'hôpital pour un traitement.
À sa sortie de l’hôpital, Anneliese retourna terminer ses cours au secondaire et entra à l'Université de Würzburg, où elle accrochait des photos de saints dans sa chambre d’étudiante, gardait de l’eau bénite sur le bord de sa porte et priait souvent le rosaire. Là, elle y étudiait pour devenir professeur.

Après ses premières attaques, elle crut voir des visages démoniaques en train de grimacer lors de sa prière quotidienne, elle avait aussi l'impression d'entendre des voix. Annelieses en parla aux médecins qui ne savaient plus comment l'aider.

Au début de l'année 1973, les parents d'Anneliese demandèrent à plusieurs prêtres d'exorciser leur fille, mais ils pensaient qu'il lui suffisait de continuer les médicaments. De plus, pour pratiquer un exorcisme, il fallait que la personne possédée répondît à des caractéristiques bien spécifiques : parler une langue étrangère qu'elle n'avait pas apprise, avoir des pouvoirs surnaturels et se sentir gênée par des objets religieux.

En 1974, un prêtre l'examina et accepta qu'on pratique un exorcisme, mais la hiérarchie le lui interdit. Son état empira et des crises devinrent de plus en plus violentes. Elle insultait les autres membres de sa famille, les battait et les mordait.

Elle refusait de manger, prétendant que les démons ne lui permettaient pas de le faire. Elle dormait à même sol. On pouvait l'entendre toute la journée en train d' hurler, de briser les crucifix et de détruire les peintures représentant Jésus.

En 1975, après avoir vérifié l'état de sa possession, le clergé l'autorisa un exorcisme fondé sur le rituel romain. On constata qu'Anneliese était possédée par plusieurs démons dont il fallait la libérer : Lucifer, Judas, Néron, Caïn, Hitler, ainsi que Fleischmann (prêtre franque déshonoré du XVIe siècle) et d’autres âmes damnées qui se manifestaient à travers elle.
De plus en plus, son comportement est devenue étrange : elle pouvait manger des mouches, des araignées et du charbon. À un moment, elle a mordu la tête d’un oiseau mort, ou encore elle s’est mise sous la table pour se mettre à aboyer comme un chien pendant deux jours. On pouvait l’entendre hurler au travers des murs pendant qu’elle brisait les crucifix et détruisait les images de Jésus. Déchirer ses vêtements, s’automutiler et uriner sur le sol, pour ensuite lécher l’urine, était devenu fréquent.

A partir de 1975, on pratiqua un ou deux exorcismes sur elle chaque semaine. Parfois, les crises étaient tellement fortes qu'il fallait trois hommes pour la maîtriser si on ne l'enchaînait pas. Malgré cela, elle put reprendre un semblant de vie normal (retourner à l'école, passer un concours...).

De septembre 1975 au 30 juin 1976, Anneliese a subit 67 exorcismes (deux fois par semaines pendant ces mois) qui l’ont aussi épuisé physiquement. Le 30 juin 1976, elle demande l’absolution aux prêtres et avoue à sa mère avoir peur.
Cependant, les attaques ne cessèrent pas. De plus en plus souvent elle se trouvait paralysée et inconsciente. Elle refusait complètement de manger. Ses nombreuses génuflexions (plus de 600 de suite), provoquèrent une rupture au niveau du genou. Quarante cassettes audio furent enregistrées lors des exorcismes afin de conserver les détails.

Le dernier exorcisme eut lieu le 30 juin 1976, à ce stade, Anneliese souffrait d'une pneumonie. Elle avait le visage émacié et souffrait d'une grande fièvre. Elle était exténuée physiquement. Mais elle restait consciente de sa situation. Sa mère enregistra sa mort.

Un procureur fit une enquête à la suite de laquelle les deux prêtres exorciste et les parents d'Anneliese furent inculpés de négligence ayant entrainer la mort (car les médecins affirmaient qu'elle était épileptique et psychotique).

Les prêtres exorcistes firent écouter des enregistrements des différents exorcismes qu'ils avaient pratiqués, au cours desquels on pouvait distinguer la voix de deux démons en train de se disputer, se demandant lequel des deux partirait en premier du corps d'Anneliese.

Les parents et les deux prêtres furent condamnés à 6 mois de prison.

Anna Michel, mère d’Anneliese, est maintenant octogénaire et vit seule. Son mari Josef est décédé en 1999 et ses trois autres filles demeurent au loin.
Elle n’a rien voulu savoir du film américain et demeure toujours certaine que l’exorcisme était bien pour sa fille. De sa chambre à coucher, elle peut toujours voir son tombeau, et elle y rend visite souvent, apportant des fleurs.
Elle dira en 2005 : « Anneliese était une bonne fille, gentille, douce et obéissante. Mais quand elle était possédée, c’était quelque chose de surnaturel, quelque chose qui ne peut s’expliquer (…) Je ne regrette rien, il n’y avait pas d’autre moyen. »

Aujourd’hui, le tombeau d’Anneliese à Klingenberg am Main demeure un lieu de pèlerinage pour de nombreux catholiques qui considèrent Anneliese Michel comme une croyante qui a connue des souffrances extrêmes pour aider les âmes du Purgatoire.




Par Kasiopée
Mis en ligne le 14/04/2010

Informations

~ Sources ~

* "La Vérite sur l'Exorcisme D'Anneliese Michel", Félicitas D.Goodman, Editions Resiac.

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