Accueil :: Légendes :: Wallones :: Hainaut :: Légendes Montoises

Feux de la Saint-Jean

Emblême de la Ville de Mons

~ La cité montoise ~

Mons est une ville francophone de Belgique située en Région wallonne. Ancienne capitale des comtes de Hainaut, chef-lieu de la province de Hainaut, ville principale de l’arrondissement de Mons, elle est le siège d’une des cinq cours d’appel du pays.

Marquée par l’histoire et riche d’un patrimoine architectural et culturel important, Mons est depuis 2002 la capitale culturelle de la Wallonie tout en ayant reçu le titre de capitale européenne de la culture en 2015, depuis le verdict du jury de désignation le 9 février 2010.

L’année folklorique montoise débute au printemps avec la ducasse de Messines qui a lieu tous les ans le dimanche le plus proche du 25 mars. Cet évènement festif propose un grand marché aux fleurs pour célébrer le retour du printemps.

L’apogée folklorique montoise se nomme Ducasse de Mons (populairement appelée le Doudou). Les festivités ont lieu le dimanche de la Trinité et sont déjà précédées d’activités le vendredi et le samedi soir avec notamment un concert gratuit sur la Grand-Place et se prolonge jusqu'au mercredi suivant, avec le feu d'artifice le mardi soir et le dimanche ; jour où se déroule à nouveau le combat mais cette fois ce sont les enfants qui sont acteurs et qui constituent le public.

A la fin du mois de juin et pour fêter le début de l’été, la ville s’embrase avec la fête de la Saint Jean.



~ La fête de la Saint-Jean ~

La fête de la Saint-Jean d'été, traditionnellement accompagnée de grands feux, est la fête de Jean le Baptiste. Elle a lieu le 24 juin proche de la date symbolique du solstice d'été qui a lieu presqu'invariablement le 21 juin. La nuit est encore très courte, et de ce fait plus propice à une fête durant jusqu'au matin.
Le solstice d'été a été fêté de tous temps.

La Saint-Jean d'Hiver correspondant au solstice d'hiver, est la fête de Jean l'Evangéliste. À cette époque, le soleil est au plus bas, il recommence à monter sur l'écliptique.

La fête de la Saint Jean est une fête expiatrice et il n’est pas rare d’y brûler des mannequins de paille symboles du mal.



~ Les origines et l’historique ~

Cortège aux flambeaux

La fête des Feux de la Saint-Jean est issue des fêtes solaires, qui remontent aux civilisations antiques. Quelle que soit la gestion du sacré de chaque civilisation, on fête au solstice d'été le retour de la fertilité, on implore les divinités pour favoriser les moissons, si vitales en ces temps anciens, on exorcise le malin, le diabolique.
C'est le Dieu soleil qui est célébré, et pour toute divinité, il faut un symbole. Le feu était tout indiqué pour représenter le soleil, aussi fut-il choisi comme son emblème le plus parfait.

Dans la cité montoise et ceci jusqu'en 1822, on y fête la Saint-Jean en allumant des feux dans chaque quartier ; un coq en cage est placé à côté de chaque feu. Les foyers sont alimentés par le bois récolté par les enfants. A la Saint-Jean a lieu aussi un concours de chants dont le premier prix est un coq vivant. Raison pour laquelle celui-ci est promené dans la ville en tête de cortège.
Cette chanson populaire que répétaient les enfants dans leur quête au combustible est connue sous le nom de « Lariguette » :

« " Lariguette au bos,....." Lariguette et Larigot,....." St-Jean est quéiu dins l’iau ;..... " St-Pierre l’a ramassé ;
" I faut du bos pou l’récauffer ;....." Lariguette au bos,....." Lariguette et Larigot,.....
" St-Jean, St-Pierre,....." I sont dallés in infière ;....." I s’ont battus à caups d’cabot ;
" Pour avoir in morciau d’bos ;....." Lariguette au bos,....." Lariguette et Larigot »
.
Le feu
En 1822, à l'instar de nombreuses cités, le Collège des Bourgmestre et Échevins interdit les feux de la Saint-Jean. Probablement faut-il y voir la conséquence d'un incendie survenu lors de cette fête dans une ville du Royaume. Cependant, on fêtera encore la Saint-Jean jusqu'en 1870 (des tables à bougies remplaceront les feux).

La renaissance des feux à Mons se produit le 23 juin 1990. La recette est simple, des cortèges aux tambours parcourent la Ville pour annoncer la mise à feu d'un bûcher sur la Place Nervienne. De nombreuses animations culturelles se déroulent sur cette place et dans les casemates toute la soirée.

Le succès fut déterminant. Quelque 1.500 personnes se retrouvèrent sur la Place Nervienne autour d’un feu allumé à 23heures. Un cortège aux flambeaux animé par des tambours avait sillonné la ville, de la Place Spira à la Grand'Place, et ensuite s'était dirigé vers la Place Nervienne.

L'effet fut saisissant. Le public montois de tous âges était enthousiasmé. La presse, la radio, la télévision contribuèrent efficacement à la diffusion. De telle sorte que pour les Feux du 22 juin 1991, la plupart des quartiers se mobilisèrent et quatre cortèges principaux de participants portant des flambeaux se rejoignirent sur la Grand'Place et c'est près de 3.000 personnes qui assistèrent sur la Place Nervienne à la mise à feu. Ce succès appelle une consolidation de cette coutume.

Et depuis, chaque année, cette fête attire de plus en plus de monde et de nombreuses activités culturelles et musicales sont de la partie et ceci pour tous les âges.




Par Grigán
Mis en ligne le 13/04/2010

La Légende de « Saint Georges »

La Légende de « Saint Georges »

~ Histoire ~

Né en Cappadoce de parents chrétiens, Georges fut d'abord un officier dans l'armée romaine. Sa légende est mise au nombre des pièces apocryphes dans les actes du concile de Nicée, parce que l’histoire de son martyre n'est point authentique : on lit, dans le calendrier de Bède, qu'il souffrit en Perse dans la ville de Diaspolis, anciennement appelée Lidda, située près de Joppé. Victime des persécutions antichrétiennes de l'empereur Dioclétien (303), il fut livré dans la ville de Lydda (Lod en Israël) à de nombreux supplices (brûlé, ébouillanté, broyé sous une roue, etc.) auquel il survécut miraculeusement avant d'être décapité.

Saint Georges est un personnage légendaire retiré du calendrier des Saints en 1961 et limité au rôle traditionnel et folklorique en 1969.

Cependant, son Culte est toujours fort dans diverses régions du monde, comme en Russie ou encore en Angleterre.

Il faut reconnaître que le personnage est le Patron de tant de pays, régions, guildes ... ; que son rôle dans la Christianisation de l'Europe est tel ; qu'il fait partie de l'inconscient collectif.

A Mons en Belgique, il est bien vivant et chaque année, à la Trinité, il combat le Dragon. Vous trouverez toutes les explications dans l’article concernant cette festivité : « Le Doudou ou la Ducasse de Mons ».



~ Légende ~

La légende de St Georges a été adaptée par Jacques de Voragine dans La Légende dorée.

"Georges, tribun, né en Cappadoce, vint une fois à Silcha, ville de la province de Lybie. A côté de cette cité était un étang grand comme une mer, dans lequel se cachait un dragon pernicieux, qui souvent avait fait reculer le peuple venu avec des armes pour le tuer; il lui suffisait d'approcher des murailles de la ville pour détruire tout le monde de son souffle. Les habitants se virent forcés de lui donner tous les jours deux brebis, afin d'apaiser sa fureur; autrement, c'était comme s'il s'emparait des murs de la ville; il infectait l’air, en sorte que beaucoup en mouraient. Or, les brebis étant venues à manquer et ne pouvant être fournies en quantité suffisante, on décida dans un conseil qu'on donnerait une brebis et qu'on y ajouterait un homme. Tous les garçons et les filles étaient désignés par le sort, et il n'y avait d'exception pour personne. Or, comme il n'en restait presque plus, le sort vint à tomber sur la fille unique du roi, qui fut par conséquent destinée au monstre Le roi tout contristé dit : « Prenez l’or, l’argent, la moitié de mon royaume, mais laissez-moi ma fille, et qu'elle ne meure pas de semblable mort. » Le peuple lui répondit avec fureur : « O Roi, c'est toi, qui as porté cet édit, et maintenant que tous nos enfants sont morts, tu veux sauver ta fille ? Si tu ne fais pour ta fille ce que tu as ordonné pour les autres, nous te brûlerons avec ta maison.»

En entendant ces mots, le roi se mit à pleurer sa fille en disant: « Malheureux que je suis! Ô ma tendre fille, que faire de toi? Que dire? Je ne verrai donc jamais tes noces? » Et se tournant vers le peuple : « Je vous en prie, dit-il, accordez-moi huit jours de délai pour pleurer ma fille. » Le peuple y ayant consenti, revint en fureur ait bout de huit jours, et il dit au roi : « Pourquoi perds-tu le peuple pour ta fille ? Voici que nous mourons tous du souffle du dragon. » Alors le roi, voyant qu'il ne pourrait délivrer sa fille, la fit revêtir d'habits royaux et l’embrassa avec larmes en. Disant : « Ah que je suis malheureux ! Ma très douce. Fille, de ton sein j'espérais élever des enfants de race royale, et maintenant tu vas être dévorée par le dragon. Ah ! Malheureux que je sois ! Ma très douce fille, j'espérais inviter des princes à tes noces, orner ton palais de pierres précieuses, entendre les instruments et les tambours, et tu vas être dévorée par le dragon. » Il l’embrassa et la laissa partir en lui disant : « O ma fille, que ne suis-je mort avant toi pour te perdre ainsi ! » Alors elle se jeta aux pieds de son père pour lui demander sa bénédiction, et le père l’ayant bénie avec larmes, elle se dirigea vers le lac.

Or, saint Georges passait par hasard par là : et le voyant pleuré, il lui demanda ce qu'elle avait. » Bon jeune homme, lui répondit-elle, vite, monte sur ton cheval ; fuis, si tu neveux mourir avec moi. » N'aie pas peur, lui dit Georges, mais dis-moi, ma fille, que vas-tu faire en présence de tout ce monde? » Je vois, lui dit la fille, que tu es un bon jeune homme; ton cœur est généreux : mais pourquoi veux-tu mourir avec moi? vite, fuis! » Georges, lui dit : « Je ne m’en irai pas avant que tu ne m’aies expliqué ce que tu as. » Or, après qu'elle l’eut instruit totalement, Georges lui dit : « Ma fille, ne crains point, car au nom de J.-C., je t'aiderai. » Elle lui dit : « Bon soldat ! Mais hâte-toi de te sauver, ne péris pas avec moi ! C'est assez de mourir seul; car tu ne pourrais me délivrer et nous péririons ensemble. » Alors qu'ils parlaient ainsi, voici que le dragon s'approcha en levant la tête au-dessus du lac. La jeune fille toute tremblante dit : « Fuis, mon seigneur, fuis vite. « A l’instant Georges monta sur son cheval, et se fortifiant du signe de la croix, il attaque avec audace le dragon qui avançait sur lui : il brandit sa lance avec vigueur, se recommande à Dieu, frappe le monstre avec force et l’abat par terre : « Jette, dit Georges à la fille du roi, jette ta ceinture au cou du dragon ; ne crains rien, mon enfant. » Elle le fit et le dragon la suivait comme la chienne la plus douce. Or, comme elle le conduisait dans la ville, tout le peuple témoin de cela se mit à fuir par monts et par vaux en disant : « Malheur à nous, nous allons tous périr à l’instant! » Alors saint Georges leur fit signe en disant : « Ne craignez rien, le Seigneur m’a envoyé exprès vers vous afin que je vous délivre des malheurs que, vous causait ce dragon seulement, croyez en J.-C., et que chacun de vous reçoive le baptême, et je tuerai le monstre. » Alors le roi avec tout le peuple reçut le baptême, et saint Gorges, ayant dégainé son épée, tua le dragon et ordonna de le porter hors de la ville. Quatre paires de bœufs le traînèrent hors de la cité dans une vaste plaine. Or, ce jour-là vingt mille hommes furent baptisés, sans compter les enfants et les femmes."



~ Iconographie ~

Saint Georges et le dragon, est un motif repris par de nombreux peintres d’après une histoire issue de la Légende Dorée. Né en Orient, importé par les croisades et vénéré en Occident, le saint, totalement légendaire aurait délivré une ville d’un dragon qui après avoir dévoré quotidiennement son tribut d’animaux, puis ensuite deux jeunes gens par jour tirés au sort, venait d’exiger la propre fille du roi. Il incarne l’idéal chevaleresque et symbolise pour les chrétiens la victoire du bien sur le mal. Les représentations combinent toujours les mêmes éléments, le cheval, le cavalier et sa lance, l’affreux dragon, la princesse, dans un décor avec des rochers. Le combat de Georges contre le dragon a donné lieu à une iconographie importante surtout à partir du XIIIe siècle. Il symbolise la victoire de la Foi sur le Mal. Georges tient une lance (plus rarement une épée) et terrasse le monstre, tandis que la princesse prie, au second plan.




Par Grigán
Mis en ligne le 22/06/2009

Le Singe du Grand'Garde

Hotel de Ville de Mons

"Ce que femme "vœu" le Singe le peut" (dicton montois).



~ Origines mystérieuses ~

Il est situé sur le façade de l'Hotel de Ville de Mons. La ville de Mons se situe dans la province du Hainaut en Belgique. Elle est aussi célèbre pour sa festivité nommé "le Doudou".

Trois hypothèses se confrontent:

~ Chef d'œuvre d'un forgeron voulant accéder à la maîtrise dans sa profession (le singe est un animal en vogue durant le Moyen-Âge).
~ Enseigne d'une taverne qui se trouvait dans les caves de l'Hôtel de Ville. Cette "taverne" est supprimée en 1897.
~ Pilori pour enfants "turbulents". D'où ce dicton des environs de Mons: "Si tu n'es nié sache, ej'té mèn au sinche dé Mons", littéralement "si tu n'es pas sage, je te conduirai au Singe de Mons".

Le Singe du Grand'Garde est tellement caressé par les Montois mais aussi par les touristes du monde entier, que son crâne de polisson est poli jusqu'à en patiner. Celui-ci se trouve sur la façade de l’hôtel de ville de Mons, face à la Grand Place.

On dit en effet qu'une jeune fille désirant se marier voit son vœu se réaliser dans l'année si elle lui caresse la tête. On dit aussi que pour un jeune couple qui lui caresse la tête, c'est l'assurance d'un heureux événement dans l'année.



Le Singe du Grand'Garde

~ Symbole de l’esprit montois ~

Ces utilisations et significations ont très bien pu être assimilées au fil du temps par ce petit singe "malin" qui est également vu comme le symbole de l’esprit montois, libre et gouailleur.

La question qui retient notre attention reprend le problème à l’origine: pourquoi un singe en fer forgé? Le singe serait peut-être "le chef-d’œuvre d’un forgeron voulant accéder à la maîtrise dans sa profession".

Mais pourquoi un singe? Pourquoi, si c’est devant le mur que l’on reconnaît le maçon, est-ce devant le singe qu’on reconnaît le forgeron?

Voici quelques éléments :

Tout d’abord il faut rappeler que durant le Moyen Âge chrétien jusqu’aux XIVe-XVe siècles l’étude de la mythologie n’est pas favorisée pour des raisons religieuses, mais aussi pour à cause des difficultés rencontrées pour accéder aux textes originaux d’Homère, Virgile…

La connaissance qu’ont pu en avoir nos ancêtres médiévaux était indirecte, fondée sur des compilations, des sortes d’encyclopédies recopiées par des copistes. L’un des grands noms de l’histoire, Erwin Panofsky, en 1939, a mis cet aspect méconnu en lumière, et a donné des exemples dont un qui concerne la découverte et l’utilisation du feu à des fins artisanales, à travers le mythe de Vulcain (Héphaistos, en grec).



~ Des sintiens aux singes ~

En lisant directement Homère, on apprend que Vulcain, dieu du feu, de la forge et de l’artisanat boitait car Zeus dans sa colère l’avait lancé sur la terre où il était tombé sur l’île volcanique de Lemnos où il faut recueilli, soigné et élevé par les Sintiens (en latin "ab Sintiis").

Personne ne sachant qui pouvaient bien être ces "Sintii", scribes, copistes, lecteurs interprétèrent ces mots et les remplacèrent notamment par "ab simiis", c’est-à-dire "par des singes"!

Cette interprétation reliant Vulcain et la forge aux singes recueillit suffisamment de succès pour être retenue non seulement par de grands auteurs et artistes des 14e et XVe siècles, mais aussi pour être intégrée dans des ensembles architecturaux: à Ferrare (ville dont le saint patron est Saint Georges, patron des forgerons et des métiers du fer), au Palazzo Schifanoia, sur une fresque représentant la forge de Vulcain on peut voir des singes (dont l’attitude figée me laisse penser qu’il s’agit de statues).

Deux éléments paraissent nécessaires à un possible lien entre le singe de Mons et la forge: la présence d’une activité artisanale de forge suffisamment développée à Mons entre 1300 et 1500 et une diffusion de ce récit susceptible de gagner à l’époque la ville de Mons.

Cette activité artisanale et commerciale paraît assez importante que pour être "reconnue" par l’autorité communale à travers un symbole placé sur la Grand’Place.

Quant au texte évoquant Vulcain et les singes, il se répandit au point que Boccace, auteur à succès de l’époque avec le Decameron, non seulement le reprend dans sa Généalogie des Dieux en 1363, mais le commente et l’explique: Vulcain n’est pas seulement forgeron, il est le véritable fondateur de la civilisation humaine.

Les singes, écrit-il, sont comparables aux humains en ce qu’ils imitent les comportements de l’homme tout comme l’homme imite les procédés de la nature grâce aux arts et techniques. Mais pour que l’homme soit en mesure de pratiquer ceux-ci, pour que l’homme devienne donc pleinement humain et se distingue du singe, il lui fallait le feu. A partir de ce moment les autres caractéristiques de l’humanité pouvaient se développer: la parole, l’habitat, la vie en communauté.



~ Le singe et le feu ~

Plusieurs peintres ont représenté ceci. Récemment le Musée du Prado a acquis une œuvre énigmatique du Greco. On y voit un singe soufflant sur le feu aux côtés d’un homme.

Je signale également que d’autres civilisations ont considéré que le singe était à l’origine du feu et de la forge, notamment les Aztèques.

Ce lien entre le dieu de l’artisanat et le singe a trouvé, durant le Moyen Âge dans nos régions, une autre expression à travers le vocabulaire du compagnonnage dont la hiérarchie était figurée par les animaux: le meilleur et le plus adroit était appelé le singe. Il primait sur le compagnon (le chien), l’aspirant (le renard) et le lapin (l’apprenti).

Enfin, Vulcain était boiteux: "est-ce lui que le singe imite en se tenant la cuisse? Le singe se tient-il la cuisse parce que Vulcain, dieu des forgerons, était boiteux ?"



~ Porte-bonheur et citations ~

* Depuis 1930

Ne le répétez à personne! Mais la légende du Singe porte-bonheur (si on le caresse de la main gauche uniquement) a été inventée de toutes pièces par Paul Heupgen (1868-1949), qui avait indéniablement le sens du marketing avant la lettre. Il a écrit: "A la vérité, on ne sait d'où il vient, ni pourquoi il est là: il existe bien des hypothèses, mais on n'a aucune certitude. Aucune certitude, sauf celle-ci: quiconque le caresse, est assuré du bonheur au moins pour un an".

De nombreuses grandes personnalités l’ont caressé :

- L'Empereur Akihito et l'Impératrice Michiko du Japon, accompagnés par le Roi Albert II et la Reine Paola (10 septembre 1993).

- Le Prince Philippe et la Princesse Mathilde de Belgique, à l'occasion de leur Joyeuse Entrée en Hainaut (9 février 2000).

- Le Roi Juan-Carlos et la Reine Sophie d'Espagne, accompagnés par la Reine Paola (17 mai 2000).

- Les ambassadeurs, ministres, artistes, sportifs... de passage à Mons.

* Déjà en 1926

Dans un article qu'il consacre au Singe, un célèbre journaliste affirme, en 1926: "... Tel qu'il est, il fait la joie des Montois, voyant en lui un porte-bonheur, une sorte de talisman que les petits caressent volontiers de la main, et que les grands regardent d'un œil attendri".

Le 8 juillet 1928, le Prince Léopold et la Princesse Astrid (futurs Roi Léopold III et Reine Astrid) prennent déjà le temps de saluer le Singe. Et ce, deux ans avant la "création" de la légende du "porte-bonheur".

* Première citation en 1843

La première désignation réelle du Singe trouvée à ce jour est celle que donne, sommairement, en 1843, R. Chalon (1802-1889) dans une notice consacrée à l'Hôtel de Ville: "On remarque encore sur la façade de l'Hôtel de Ville, près de la première fenêtre à gauche de la porte principale, (...) un ouvrage de fer forgé assez singulier; c'est une petite figure de singe accroupi, d'un pied de haut environ. Je n'ai jamais pu deviner l'usage ni le symbolisme de cet hiéroglyphe municipal".

C'est Léon Dolez qui réalisera le plus ancien dessin connu du Singe, le 27 octobre 1877.



~ Son âge ~

Vu qu’il était déjà présent en 1843 et certainement bien avant cette année. On peut raisonnablement estimer qu'il est sur l'Hôtel de Ville depuis au moins la fin du XVIIe siècle! Est-il là depuis la réalisation de l'Hôtel de Ville au XVe siècle? Peut-être! A-t-il été placé sur la façade lors de l'une ou l'autre restauration du bâtiment? Peut-être! A moins que l'ouverture de la taverne située dans la cave ne marque son origine? Peut-être! Toutes ses incertitudes historiques alimentent de plus belle la légende de ce célèbre petit singe.




Par Grigán
Mis en ligne le 01/08/2009

Informations

~ Sources ~

* Renseignements fournis par le personnel de la Maison du Tourisme de Mons.

* Contes et Légendes de Belgique racontés aux enfants [Texte Imprimé] : et aux grands qui les ont oubliés / BURINI, Elodie; Illustratrice • Fléron: Jourdan-le-clercq ed. , 2004 • 186p. : ill. • (Le patrimoine de nos enfants ) • ISBN 2-930359-08-0

* Site officiel de la ville de Mons [En ligne] • Mons : ville de Mons, 2009 • [Consulté le 1er mars 2009] • Mise à jour régulière
• Disponible sur l'Internet: < http://www.mons.be >

* Site officiel de la procession du Car d'Or [En ligne] • Mons : ville de Mons, 2009 • [Consulté le 1er mars 2009] • Mise à jour régulière
• Disponible sur l'Internet:< http://www.processionducardor.be >

Copyright © domaine-des-scribes.eur.st
Tous droits réservés | Version 2.0